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Il y a déjà de nombreux mois avec Michèle, l’idée d’aller au-delà de la distance marathon avec du dénivelé sans y passer la nuit pour autant, a germé dans nos têtes. Nous avons tenté de nous inscrire à l’Eiger Trail, mais en moins de 2 toutes les places étaient prises. Nous avons donc cherché un trail avec une course d’environ 50 kms pour nous et une légèrement inférieure à 20 kms pour David. Nous avons trouvé le trail de Samoens qui correspondait à tous nos critères: distances respectives, dénivelé, timing dans la saison et finalement pas très loin de chez nous. Ni une ni deux, nous nous sommes inscrites et nous avons bien fait car là également notre course a rapidement affiché complet!

 

Dès lors, nous ne pouvions plus reculer, nous devions nous atteler à nos entraînements. Pour ma part, j’ai scrupuleusement suivi les plans et conseils de Stéphane. Michèle, de son côté, a fait appel à 2 coachs (physique et mental). Nos agendas respectifs ne nous ont pas permis de faire de sorties en commun, mais nous étions toujours en contact pour comparer nos entraînements et nous encourager. Bien entendu, chaque mercredi, nous faisions un point de la situation. Les semaines se sont enchaînées, il y a un mois nous avons fait un stage avec Jules-Henri Gabioud. Les 2 sorties agendées dans la région du Grand Saint Bernard nous ont appris quelques astuces et permis de connaître un grand sportif qui, avec son frère Candide, ont soif de partager leur expérience. La semaines suivante, avec Laurence, nous avons fait le trail de Torgon, avec un parcours technique et exigeant. Cette course s’est avérée être une très bonne préparation. Un bon test pour les descentes sur les fesses dans la neige, une première pour nous! David nous a accompagnées pour nous encourager le long du parcours et profiter de faire un entraînement pour lui.

A ce stade je pensais que j’arrivais au bout de mes peines. Malheureusement, j’ai appris que mon papa était atteint d’une leucémie aigüe. Avec ma famille, nous l’avons accompagné et entouré. Il nous a quitté jeudi avant la course. Après les derniers jours très éprouvants, je pensais renoncer. Ma famille m’a incitée et encouragée à aller à Samoens. Comme mon papa nous avait expressément  demandé de ne pas faire de cérémonie funéraire, pour lui et pour moi, j’ai décidé de prendre le départ de la course.

C’est dans ces conditions un peu particulières que je me suis trouvée sur la ligne de départ du Tour du Criou samedi. Avec un coup de fil de mes filles pour me soutenir, David et Laurence pour m’encourager, et Michèle à mes côtés avec un oeil attentif et bienveillant, je me suis lancée assez émue.

La première heure s’est faite en file indienne, en bouchons, voir même à l’arrêt. La deuxième heure j’ai loupé une bifurcation (papotant avec un concurrent) quand nous nous sommes rendu compte de notre erreur, nous avons dû revenir sur nos pas. Nous avons rejoint le parcours juste devant le balai. A ce moment là, je me suis dit « la journée va être longue ». Toutefois, afin de ne pas me gâcher cette magnifique journée, car la météo était juste exceptionnelle, j’ai réussi à me remettre dans la course. La troisième heure, je l’ai passée à redépasser les personnes que j’avais déjà doublées précédemment. Juste après le ravitaillement, j’ai du coup surpris Michèle en arrivant à sa hauteur et pu refaire quelques foulées avec elle. Nous étions dans la première montée, qui était d’ailleurs la plus importante.

Arrivées sur les hauteurs, il restait passablement de neige qui donnait, avec le soleil, une impression un peu surréaliste. Nus avons traversé toute une plaine blanche, c’était magique. Le début de la descente dans les névés a été plus épique. Plusieurs passages de suite sur les fesses, un peu de cryogénie pour le postérieur. Ensuite, en bas dans la vallée, nous avons longé une rivière que nous devions traverser à plusieurs reprises, avec déjà la neige d’avant, mes pieds commençaient à devenir palmés. Je savais que Laurence, Laurent et leurs enfants m’attendaient au prochain ravitaillement. Tout en contemplant le paysage je me réjouissais déjà de changer de chaussettes. Arrivée vers eux, c’est un ravito 1ère classe auquel j’ai eu droit. On m’a rempli mes gourdes, redonné de la nourriture, mis de la crème solaire et surtout reboostée pour attaquer la seconde montéequi m’attendait!

J’ai attaqué cette ascension remontée à bloc. C’est en dépassant certains concurrents que j’ai constaté que j’étais en pleine forme. Je suis arrivée en haut sans vraiment m’en rendre compte. Sur la descente pas trop escarpée, j’ai senti mon genou qui commençait à montrer des signes de faiblesse, mais c’était tout à fait gérable. A l’entrée d’un village, devant un mazot décoré et fleuri, se trouvait un vieux savoyard barbu assis sur une chaise nous regardant passer, digne d’une carte postale. Juste après, un tracteur qui devait être aussi vieux que lui. C’est pour ces images que j’aime courir en montagne.

Juste après le dernier ravitaillement, dans une descente bien abrupte, mon genou se bloquait, j’ai dû ralentir, mais ça a passé, Il y avait des passages sur des échelles, descente en arrière, parfait, mon genou ne réagissait pas. En bas le long de la rivière, j’ai vu au loin David et Pierre-Laurent qui m’attendaient et m’encourageaient (pas discrets les gars!). David m’a suivi quelques mètres pour m’annoncer qu’une dernière montée m’attendait, je le cite: « tu verras, c’est la merde! » M’attendant au pire, j’ai appréhendé cette montée corsée un pas après l’autre et, presque arrivée en haut, j’ai à nouveau entendu David qui m’attendait. Il ne me restait plus que 2 kms de descente et 2 kms à plat.

 

La descente a été laborieuse avec mon genou qui n’obtempérait plus, mais je n’allais pas lâcher si près du but! A l’approche du lac dont nous devions faire le tour pour atteindre l’arrivée, j’ai revu une nouvelle fois David qui m’a annoncé que les Siffert m’attendaient à l’arrivée. Je me suis accrochée et ai finalement passé la ligne d’arrivée remplie d’émotions de l’avoir fait avec et pour mon papa.

Au final, ma Garmin affiche 51 kms avec plus de 4’000 m D+ en 10h07′

 

Tant la préparation que la course en elle-même ont été exceptionnelles, riches en émotions. Ce trail restera gravé dans ma mémoire et dans mon coeur.

Je tiens à préciser que de son côté, David a participé le matin même au Trail Découverte sur 18 kms avec 1’300 D+, sans encouragement de ma part. Il n’a pas démérité car il a terminé sa course en 3h07′! Bravo à lui!

 

Sans oublier Michèle qui boucle les 49 kms de manière magistrale en 10h29′!

 

Merci à tous ceux qui m’ont soutenue et encouragée. Tout particulièrement à mes filles à qui j’ai fait faux-bond régulièrement lors de mes sorties longues, à David, toujours compréhensif, attentionné et fidèle au poste pour m’encourager par monts et par vaux. Egalement à Stéphane, discret et efficace, pour ses plans toujours top et ses précieux conseils. Merci aussi à Laurence, Laurent, Michelle, Maxence et Pierre-Laurent pour leur assistance au ravitaillement et leur soutien. Sans oublier bien entendu Michèle, avec qui j’ai partagé cette aventure mémorable…Vivement la prochaine!

 

Fabienne Mogis

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