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C’est une storyteller en six épisodes qui raconte d’hommes et de femmes, de leur parcours de vie, de ce qui les motive au quotidien.

Pour une fois ne sont pas mises en avant des performances ou des exploits sportifs mais des histoires de personnes qui sont une source d’inspiration pour les autres.

Que ces récits puissent vous encourager dans le plus beau parcours qui nous est donné de vivre.

 

 

 

EPISODE 1

 

Nom : Perracini

Prénom : Annick

Age : 29

Profession : Etudiante infirmière

Membre de l’USY depuis : 2016

 

Annick, raconte nous tes débuts avec le sport..

 

J’ai débuté avec le badminton, ensuite de la natation puis j’ai commencé à courir par un 3.5 km avec ma demi-sœur, suite à sa blessure à la cheville j’ai continué toute seule.

 

Annick en camp d’entraînement à Itten au Kenya

C’est quoi qui te motive à courir ?

Ce qui me motive c’est comme je me sens après, même si parfois suite à une longue journée je n’ai pas de tout envie d’y aller ensuite je me sens la plus heureuse des femmes.

L’entrainement me fatigue mais je ressens un regain d’énergie suite à une séance et ça me motive à faire plein de choses après.

 

Ça fait combien de temps que tu fais partie de l’USY ?

 

Cela doit faire cinq ans, j’ai découvert le club grâce à mon ancien patron, Fréderic Schaefer, mais j’ai mis quelques mois avant de me lancer !

Ça représente quoi pour toi de venir aux entrainements les mercredis soir, que recherches-tu ?

C’est l’effet de groupe qui me pousse à me dépasser bien plus que si j’irais seule, voire les copines, discuter et faire un entrainement sérieux tout en étant détendue.

 

Même si parfois je ne suis pas trop motivée à sortir, à la fin je suis très heureuse d’être venue et d’avoir donné le meilleur de moi.

 

Si tu devais citer deux qualités de ce groupe hors stade lesquelles emploierais-tu?

L’effet de groupe et l’aspect humain de celui-ci, on court seule avec ses jambes mais on ne se sent jamais seule.

 

Il y a deux ans tu préparais ton premier marathon, Paris, mais tu t’es blessé a trois semaines du départ quand la préparation était quasiment terminée, qu’est-ce que tu as éprouvé ?

 

Beaucoup de frustration, car j’ai eu une fracture de fatigue aux deux hanches a deux ans d’écart (2017 – 2019) et je ne pouvais plus courir pendant un moment, ça a été très dur..

 

Tu n’as jamais eu peur de ne plus pouvoir courir ?

 

Oui pendant un moment car en course a pieds on subit passablement de chocs aux articulations et j’avais peur de mettre du poids sur ma hanche blessée, ça me faisait perdre confiance, c’était très perturbant.

Tu n’as plus la même facilité dans tes moyens, je ne courais plus très naturellement, c’était psychologique car mes hanches pouvaient courir, je me suis sentie lâchée, c’était compliqué mais j’ai tenu bon et j’ai pu reprendre la course, c’est génial !

 

Jusqu’à présent on n’a pas abordé le sujet qui te donne tout autant, voir plus de mérite, que d’être revenue suite à ces deux grosses blessures, tu veux en parler ?

Oui, je suis diabétique de type 1 depuis l’âge de sept ans.

 

Quel est l’impact d’être diabétique dans la vie de tous les jours ?

 

Ça demande une surveillance très régulière, le matin quand je me lève la première chose que je fais c’est de mesurer mon taux de sucre ainsi que le soir avant d’aller me coucher et durant tout le long de la journée également. Mon taux de sucre fluctue en fonction de ce que je mange et l’activité que je fais. Je dois trouver un équilibre pour que ma glycémie reste optimale, en m’injectant de l’insuline si le taux monte ou en mangeant si le taux de sucre descend trop bas.

Si je ne me sens pas bien, si je suis fatiguée, je vais toujours me poser la question si ce n’est pas à cause de mon diabète.

Je dois toujours être un peu en alerte, je n’ai jamais de pause.

Ton approche par rapport à cette maladie a-t-il évolué au fil des ans ?

Oui, à l’adolescence je n’en parlais pas, j’avais peur d’être perçue comme différente et je me disais que ça allait le faire de toute façon, je me sentais invincible comme un peu tous les ados.

Je ne prenais pas très au sérieux ma pathologie.

Maintenait j’ai vraiment pris conscience de bien me contrôler, même si je n’ai pas l’envie, car si je ne le fais pas cela va impacter ma journée et mon humeur, ce ne sont pas les 15 secondes que je consacre à mesurer mon taux de sucre qui gâchent ma journée, au contraire.

 

On sait tous que le diabète a un lien avec le sucre, mais c’est quoi au juste ? Peux-tu nous l’expliquer avec tes mots ?

Mon système immunitaire détruit mes cellules qui produisent l’insuline car il pense qu’elles sont ses ennemies. Mon corps ne produit plus d’insuline et mon taux de sucre dans le sang augmente, c’est pour combler ce manque que je dois faire des injections d’insuline. L’insuline étant l’hormone qui permet aux cellules d’emmagasiner le sucre de notre sang. Sans insuline les cellules s’épuisent et le sucre augmente dans le sang, créant des lésions au niveau de la paroi des vaisseaux sanguins. Et alors presque tous les organes peuvent se détériorer à cause de cela: les reins, les membres, le cerveau, les yeux, les nerfs etc.

 

Comment tu gères les courses ou les sorties longues ?

C’est beaucoup d’anticipation, si l’on me propose d’aller courir dans les quinze minutes qui suivent pour moi ce n’est pas possible.

Du moment où je fais une injection d’insuline elle agit après quinze minutes et jusqu’à deux heures de temps environ.

Par exemple les mercredis à l’USY comme on fait des séries rapides celles-ci ont comme effet de produire de l’adrénaline qui fait monter ma glycémie donc je dois gérer différemment mon alimentation que pour une sortie à faible intensité.

Parfois malgré mes attentions cela ne se passe pas comme prévu et il m’arrive que je finisse un entrainement avec la glycémie trop haute et cela signifie que tout le travail que j’ai réalisé a l’entrainement ça n’a pas été bénéfique car mon organisme se retrouve impacté par ça, je me sens en colère et frustrée de ne pas avoir réussi à gérer cela correctement.

Mais quand je rentre et que ma glycémie est parfaite je suis hyper contente.

 

Ca représente combien de piqures par jour ?

 

J’ai deux types d’insuline à disposition, une qui agit lentement et que j’injecte matin et soir, c’est ma couche d’insuline « de fond ».

Ensuite j’injecte l’insuline rapide avant mes trois repas, voir plus selon les journées.

Ça représente entre cinq et huit piqures par jour.

Mon copain m’aide aussi à me surveiller, ceci est un soutien très important.

Comment elles réagissent les personnes quand tu leur parles du diabète ?

Je n’aime pas le regard de pitié des gens mais je n’aime pas non plus quand ils ne se rendent pas compte de ce que ça veut dire de faire une hypoglycémie, les conséquences que ça peut avoir par exemple, c’est un peu la balance entre ces sentiments..

 

 

C’est une difficulté et une force à la fois, cette pathologie est une plus-value mentale pour toi.

Tu nous montres qu’avec de la volonté et de la persévérance on peut atteindre les même objectifs que tout le monde.

En définitive ton diabète s’avère être un lien pour les gens qui t’aiment..

 

8 x 365 = 2920. C’est environ le nombre de piqures qu’un diabétique doit faire en une année.

 

Alors pensez ’y 2920 fois avant de dire que c’est impossible.

 

Merci Annick d’avoir partagé ton ressenti et ta belle histoire.

 

Filippo Pisano

 

 

 

Annick, le Mot de la fin est pour toi..

Mon diabète me mets parfois des bâtons dans les roues, mais j’ai appris à vivre avec. Quand les journées se passent bien, c’est plutôt mon « ami » et les jours où il me mène la vie dure ou que je relâche un peu mes surveillances je suis vite rappelée à l’ordre et qu’est-ce que j’aimerais qu’il disparaisse dans ces moments-là.

Ma maladie m’a aussi énormément apporté, la persévérance, la rigueur, l’autonomie dès mon plus jeune âge, qualités qui font peut-être qu’aujourd’hui malgré les « aléas » de la vie, je ne lâche jamais et ça m’apporte également beaucoup pour la course à pieds.

Pour moi, le diabète c’est :

-mon quotidien

-un chemin semé d’embûches

-un sac de nœuds

-un défi

-de l’expérience

-une meilleure connaissance de soi

-et la conviction que tout est possible malgré tout

 

Si vous voulez en savoir plus sur le diabète

https://www.diabetesschweiz.ch/fr/

 

 

 

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